• Rentrée 2010-2011

    NOUVEAU PROGRAMME DES COURS EN LIGNE

    septembre : CHINE

    octobre : reprise des cours collectifs à Paris

     

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LES FONDAMENTAUX DU TANGO
Vous aimez le tango... vous devez connaître les grands classiques,
et commencer à retenir leurs titres !
Il s'agît des morceaux les plus connus de la "culture tango".
Nombreux sont les orchestres qui les ont joués,
nombreux sont les chanteurs qui ont réussi à les rendre mémorables.
En voici quelques exemples.
Si nous en avons omis quelques uns, écrivez-nous !


Por una cabeza
Volver
Yira.. Yira
Uno
Sur
Caminito
El choclo
La cumparsita
Mi Buenos Aires querido
El dia que me quieras
A media luz
Cambalache
Quejas de bandoneon
Adios muchachos
Cafetin de Buenos Aires
Canaro en Paris
Mala junta
La Morocha
Felicia
9 de julio
El amanecer
Re Fa Si
Derecho viejo
Mi noche triste (Lita)
Chiqué
Fumando espero
El once
Organito de la tarde
Recuerdo
Malena
Gricel
Gallo ciego
Los mareados
Garua
Percal
Libertango
Adios Nonino
Verano porteño
Naranjo en flor

 

 


 

 

 

 

LES PAROLES DE TANGO :

(traductions espagnol-français par Denise-Anne Clavilier);

(musique sélectionnée par Rodrigo Rufino)

 

 

Episode 3

Le sort des femmes

 

Le regard des auteurs de tango est bienveillant sur toutes les femmes, même lorsqu’ils font parler un amant trahi plein de ressentiment.

La prostitution sous toutes ses formes : de l’entraîneuse professionnelle du cabaret (milonguera) au pauvre tapin, en passant par la demi-mondaine des beaux quartiers. Toutes guettées par la même fin terrible : misère noire, mendicité, maladies vénériennes

Les lieux : le cabaret, le lupanar, la garçonnière, le bel appartement payé par l’amant

L’amant riche (bacán) qui casque mais lâchera sa maîtresse à la première ride, le bourgeois qui s’encanaille au cabaret avec les milongueras, le proxénète fier-à-bras (cafiolo, cafisho) et l’amoureux fauché et sincère, qui pleure l’indifférence de sa belle ou la traite de tous les noms

La fille-mère, gamine (piba, pebeta) naïve, victime d’un lâche séducteur qui n’est présent qu’en creux

La mère (madre, vieja) du voyou ou de la fille déshonorée, qui pleure sur son enfant

Denise Anne Clavilier est traductrice, essayiste, conférencière et rédactrice-éditrice du blog francophone Barrio de Tango sur l'actualité du tango argentin (http://www.barrio-de-tango.blogspot.com/www.barrio-de-tango.blogspot.com). Cette série de fiches sur les thématiques du répertoire est tirée d’un travail de recherche mis en forme dans un ouvrage illustré, aux allures de guide touristique à travers un ensemble de 231 tangos, commentés et présentés sous forme bilingue espagnol-français, à paraître en France au cours du 1er semestre 2010, aux Editions du Jasmin (http://www.editions-du-jasmin.com/www.editions-du-jasmin.com).

 


Los cosos de al lao - Les zèbres d’à côté

Tango

Letra y música: José Canet y Marcos Larrosa

Traduction et notes : Denise Anne Clavilier © tous droits réservés

http://www.barrio-de-tango.blogspot.com/"www.barrio-de-tango.blogspot.com

 

Orquesta de tango Silencio


Orquesta de Nestor Marconi con Roberto Goyeneche

 

 

Sollozaron los violines,

los fuelles se estremecieron

y en la noche se perdieron

los acordes de un gotán.

Un botón que toca ronda,

pa' no quedarse dormido

y un galán está escondido

chamuyando en un zaguán.


De pronto se escuchan

rumores de orquesta

es que están de fiesta

los cosos de al lao.

Ha vuelto la piba

que un día se fuera

cuando no tenía

quince primaveras.

Hoy tiene un purrete

y lo han bautizado.

Por eso es que bailan

los cosos de al lao!


Ya las luces se apagaron,

el barrio se despereza,

la noche con su grandeza

el olivo se ha tomado.

;Los obreros rumbo al yugo

como todas las mañanas,

mientras que hablando macanas

pasa un tano encurdelado.

Les violons ont sanglotés,

Les soufflets ont frissonné

Et dans la nuit se sont perdus

Les accords d’un gotán (1)

Un flic qui tourne en rond

Pour ne pas tomber de sommeil

Et un séducteur s’est caché

Pour flirter dans un vestibule.


Soudain, on entend

Des flonflons d’orchestre,

C’est qu’ils font la fête,

Les zèbres d’à côté.

La môme est revenue

Qui un jour s’en était allée

Alors qu’elle n’avait pas

Quinze printemps.

Aujourd’hui, elle a un gamin

Et ils l’ont baptisé.

C’est pour ça qu’ils dansent,

Les zèbres d’à côté.


Déjà les lumières se sont éteintes.

Le quartier s’étire

La nuit, avec toutes ses splendeurs,

A pris la poudre d’escampette.

Les ouvriers partent au turbin,

Comme tous les matins

Tandis qu’en disant des trucs sans queue ni tête,

Passe un Rital beurré comme un petit Lu.


(1) Verlan de Tango.

 

 

 

Madame Yvonne

1933

Música: Eduardo Pereyra - Letra: Enrique Cadícamo

Traduction et notes : Denise Anne Clavilier © tous droits réservés

http://www.barrio-de-tango.blogspot.com/"www.barrio-de-tango.blogspot.com

 

Ricardo Tanturi con Alberto Castillo


Adriana Varela

 

 

Mademoiselle Ivonne era una pebeta

que en el barrio posta del viejo Montmartre

con su pinta brava de alegre griseta,

animó las fiestas de Les Quatre Arts.



Era la papusa del Barrio Latino,

que supo a los puntos del verso inspirar,

pero fue que un día llegó un argentino

y a la francesita la hizo suspirar.


Madame Ivonne...

la Cruz del Sur fue como un sino

Madame Ivonne...

fue como el sino de tu suerte.


Alondra gris,

tu dolor me conmueve;

tu pena es de nieve,

Madame Ivonne...


Han pasao diez años que zarpó de Francia.

Mademoiselle Ivonne... hoy sólo es Madame,

la que al ver que todo quedó en la distancia,

con ojos muy tristes bebe su champagne.




Ya no es la papusa del Barrio Latino,

ya no es la mistonga florecita de lis...

ya nada le queda... ni aquel argentino

que entre tango y mate la alzó de París.

Mademoiselle Yvonne était une petite môme

Qui dans le charmant quartier du Montmartre

[d’antan

Avec sa brillante dégaine d’aimable grisette

Animait les fêtes des Quat’z’Arts.


C’était la mignonne du Quartier Latin,

Qui sut inspirer les poètes à la manque

Mais il se trouva qu’un jour un Argentin s'amena

Et la petite Française, il la fit soupirer.


Madame Yvonne...

La Croix du Sud (1) fut comme un fatum

Madame Yvonne...

Elle fut comme le fatum de ton destin.


Alouette blafarde

Ta douleur m’émeut,

Ton chagrin est de poudre blanche

Madame Yvonne...


Voilà dix ans qu’elle a levé l’ancre de France.

Mademoiselle Yvonne... Aujourd’hui elle est

[seulement Madame (2)

Celle qui, en regardant tout ce qui est resté en

[arrière,

Avec des yeux très tristes boit son champagne.


Elle n’est plus la mignonne du Quartier Latin

Elle n’est plus la pauvre petite fleur de lis de rien

[du tout...

Il ne lui reste plus rien... même pas cet Argentin

Qui entre tango et maté l’avait levée de Paris...

 

 

(1) La Croix du Sud est une constellation de 5 étoiles du ciel austral.

(2) Madame : titre que les prostituées donnaient à la patronne ou à la sous-maîtresse de la maison de tolérance dont elles étaient pensionnaires.


 

 

 

Margot

Tango - 1919

Música: Carlos Gardel et José Razzano - Letra: Celedonio Flores

Traduction et notes : Denise Anne Clavilier © tous droits réservés

http://www.barrio-de-tango.blogspot.com/"www.barrio-de-tango.blogspot.com

 

Charlo


Carlos Gardel

 


Se te embroca desde lejos, pelandruna abacanada,

que has nacido en la miseria de un convento de

[arrabal,

porque hay algo que te vende, yo no sé si es la mirada,

la manera de sentarte, de charlar o estar parada,

o ese cuerpo acostumbrado a las pilchas del percal.


Ese cuerpo que hoy te marca los compases tentadores

del canyengue de algún tango en los brazos de algún gil,

mientras triunfan tu silueta y tu traje de colores

entre risas y piropos de muchachos seguidores,

entre el humo de los puros y el champán de Armenonvil.



Son macanas: no fue un guapo haragán ni prepotente,

ni un cafishio de averías el que al vicio te largó;

vos rodaste por tu culpa, y no fuiste inocentemente:

¡berretines de bacana que tenías en la mente

desde el día en que un magnate cajetilla te afiló!



Yo me acuerdo: no tenías que ponerte;

hoy usás ajuar de seda con rositas rococó...

¡Me revienta tu presencia, pagaría por no verte!

Si hasta el nombre te has cambiado como ha cambiado tu suerte:

ya no sos mi Margarita... ¡ahora te llaman Margot!





Ahora vas con los otarios a pasarla de bacana

a un lujoso reservado del Petit o del Julien;

y tu vieja, pobre vieja, lava toda la semana

pa' poder parar la olla con pobreza franciscana

en el triste conventillo alumbrado a querosén.

On te repère de loin, feignasse embourgeoisée,

toi qui es née dans la misère d'un couvent (1) de

[faubourg

parce qu'il y a quelque chose qui te trahit, je ne sais

[si c'est le regard,

la manière de t'asseoir, de parler ou de prendre la [pause

ou ce corps habitué aux fringues de percale.



Ce corps qui aujourd'hui t'impose les mesures

[tentatrices

du canyengue d'un tango dans les bras d'un crétin

tandis que triomphent ta silhouette et tes tenues

[colorées

entre éclats de rire et compliments de jeunes gars qui

[te filent le train

dans la fumée des cigares et le champagne de

[l'Armenonville (2).


Des âneries ! C'est pas un caïd tir-au-flanc ou m'as-

[tu-vu,

ni un julot en carafe qui t'a jetée dans le vice.

C'est ta faute si tu as fait la culbute et tu savais ce

[que tu faisais.

Ces idées fixes de bourgeoise que tu avais dans la

[tête

depuis le jour où un nabab beau gosse t'a emballée !


Moi, je me souviens : tu n'avais presque rien à te

[mettre.

Maintenant tu as un trousseau en soie avec des

[petites roses rococco...

Ta présence me débecque, je payerais pour ne pas te

[voir !

Tu as même changé de prénom tout comme ta vie a

[changé.

Maintenant tu n'es plus ma Margarita...

[Maintenant, on t'appelle Margot !


Maintenant tu te la coules douce avec des abrutis

[comme une bourgeoise

dans un salon privé du Petit ou chez Julien (2)

et ta vieille, pauvre vieille (3), fait des lessives toute

[la semaine

pour pouvoir remplir la marmite avec une frugalité

[spartiate (1)

dans le triste conventillo éclairé au kerosène (4).



 

(1) Convento (diminutif : conventillo) : logements collectifs, précaires et insalubres, assimilés à des couvents parce que pauvres et inconfortables. A l'avant-dernier vers, il est aussi question de "pauvreté franciscaine". Les références catholiques sont plus courantes en Argentine qu'en France.

(2) Armenonville, Petit (Tabaris) et Julien : cabarets très huppés avec des noms français pour faire plus chic. Aujourd'hui, ils ont disparu.

(3) Vieja (vieille) : mère en lunfardo (langage populaire de Buenos Aires). Terme respectueux et affectueux, plus couramment utilisé que notre argot "ma vieille", "mon vieux".

(4) Le kérosène empeste et rend malade mais c'est beaucoup moins cher que la bougie.

 

 

 


 

 

 

 

Episode 2

Buenos Aires

 

 

  • La ville en général et l’amour que lui vouent ses habitants
  • La vie quotidienne : les amis, les gens, le café pour passer le temps, la milonga pour danser (bailar) et flirter (chamuyar), le tram et le bus (tranvía, bondi, colectivo), l’hippodrome pour parier et s’enflammer (à Belgrano puis à Palermo), les espaces verts pour se promener et parader (Palermo), le cabaret* des années 20, 30 et 40, institution politiquement ambigüe et moralement louche, où se côtoient et se toisent le patronat (clientèle de grands bourgeois et de notables) et le peuple (musiciens d’orchestre, danseuses-entraîneuses, garçons...) trans.gif
  • L’identification au quartier (barrio) natal (surtout le sud et l’ouest, populaires : Almagro, Balvanera, Boedo, San Telmo, Barracas, Nueva Pompeya, La Boca ou Flores, Villa Crespo, Paternal...)
  • Deux rues emblématiques : Corrientes (artiste et bohême, d’est en ouest) et Florida (chic et mondaine, du centre au nord, de nos jours centre commercial à ciel ouvert)
  • Le port (l’avitaillement, au sud, à la Boca, sur le Riachuelo, et l’arrivée des immigrants, à l’est, sur le Río de la Plata)
  • La vie champêtre comme seuls des citadins peuvent l’idéaliser

* Les cabarets n'existent plus. Les derniers ont fermé en 1960, entraînant la disparition des grands orchestres qui y travaillaient et celle des entraîneuses qui en avaient fait la renommée interlope.

Denise Anne Clavilier est traductrice, essayiste, conférencière et rédactrice-éditrice du blog francophone Barrio de Tangosur l'actualité du tango argentin (www.barrio-de-tango.blogspot.com). Cette série de fiches sur les thématiques du répertoire est tirée d’un travail de recherche mis en forme dans un ouvrage illustré, aux allures de guide touristique à travers un ensemble de 231 tangos, commentés et présentés sous forme bilingue espagnol-français, à paraître en France au cours du 1er semestre 2010, aux Editions du Jasmin (www.editions-du-jasmin.com).

 

 

 

Cafetín de Buenos Aires

Tango - 1948

Música: Mariano Mores ~ Letra: Enrique Santos Discépolo

Traduction et notes : Denise Anne Clavilier © tous droits réservés

www.barrio-de-tango.blogspot.com

 

 

Edmundo Rivero con Anibal Troilo

 

Roberto Goyeneche con la Tipica Porteña

 

Virginia Luque

 

Hugo del Carril

 

Adrian Iaes

 

 

Enrique Santos Discépolo était un grand acteur comique, très engagé. Autodidacte érudit, dramaturge, metteur en scène, réalisateur, compositeur et poète, il vécut très longtemps entouré d’intellectuels et d’artistes anarchistes qui refaisaient le monde lors d’interminables discussions au café. Ses tangos broient du noir et évoquent souvent le suicide, mais lui-même est mort d’une crise cardiaque, le 23 décembre 1951.

 

 

 

 

 

 

De chiquilín te miraba de afuera

como a esas cosas que nunca se alcanzan...

La ñata contra el vidrio

en un azul de frío,

que sólo fue después viviendo

igual al mío...

Como una escuela de todas las cosas,

ya de muchacho me diste entre asombros

el cigarrillo,

la fe en mis sueños

y una esperanza de amor...

 

 

¿Cómo olvidarte en esta queja?,

cafetín de Buenos Aires,

si sos lo único en la vida

que se pareció a mi vieja.

En tu mezcla milagrosa

de sabihondos y suicidas,

yo aprendí filosofía, dados, timba

y la poesía cruel

de no pensar mas en mí...

 

 

Me diste en oro un puñado de amigos,

que son los mismos que alientan mis horas:

José, él de la quimera;

Marcial, que aún cree y espera;

y el flaco Abel, que se nos fue,

pero aún me guía...

Sobre tus mesas que nunca preguntan

lloré una tarde el primer desengaño;

nací a las penas,

bebí mis años

y me entregué sin luchar

Haut comme trois pommes, je te regardais du dehors

comme ces choses à jamais hors de portée...

Le museau contre la vitre

dans un bleuté de froid,

qui après n’eut jamais d’égal

que celui qui régnait en moi.

Comme une école de toutes choses

à peine plus vieux, tu m’as donné, pour mon ravissement,

la cigarette,

la confiance dans mes rêves

et l’espoir d’un amour...

 

 

Comment t’oublier dans mes doléances ?

petit café de Buenos Aires,

si tu es le seul dans ma vie

qui ait ressemblé à ma vieille (1).

Dans ton étonnant cocktail

de prétendus sages et de suicidaires,

j’ai appris la philosophie, les dés, le jeu

et l’atroce poésie

de ne plus penser à moi...

 

 

Tu m’as donné, rubis sur l’ongle, une poignée d’amis

qui sont ceux-là même qui encouragent mes jours :

José, l’homme à la chimère,

Martial, qui y croit encore et qui espère

et ce cher Abel qui nous a quittés

mais qui me guide toujours...

Sur tes tables, qui ne posent jamais de question,

j’ai pleuré un soir ma première déception ;

je suis né au chagrin,

j’ai bu mes années

et je me suis rendu sans me battre.

 

 

 

 

 

(1) mi vieja, mi viejo : ma mère, mon père, en lunfardo (parler populaire de Buenos Aires). Enrique Santos Discépolo avait perdu son père à l’âge de 5 ans et sa mère à l’âge de 9 ans.

 

 

 

 

 

 

Milonga del mayoral - Milonga du traminot (1)

Milonga - 1953

Música: Aníbal Troilo ~ Letra: Cátulo Castillo

Traduction et notes : Denise Anne Clavilier © tous droits réservés

www.barrio-de-tango.blogspot.com

 

 

Jorge Casal y Raul Beron con Anibal Troilo

 

 

 

 

Soy el criollo mayoral

Que va,

Que va tocando en la vía

“tarí-tará”,

Su cornetín de alegría

Que da la señal

De que ya viene el tranvía...

 

 

Cuidado, moza, cuidado...

Que primero hay que parar.

Adelante no hay lugar...

Siéntese en el acoplado...

 

 

Y... yo soy el motorman

“talán-talán”

Que lleva de Once a Lorea

Con seguridad,

Para que el público vea

Lo que puede “dá”...

La “lectricidá”...

 

 

Al bajar del “artefato”

No me haga ningún pastel...

Madama: no pise el riel...

Le puede venir “contato”...

 

 

El corazón

Cinchado va en el pecho,

Como el frisón

Que tira en el repecho...

Y si el amor

Lo llama de un zaguán,

También el motorman,

Que es Don Juan y es derecho,

Frenando dirá:

 

 

“Agarrate sentimiento,

Que aquí, yo soy el que manda.

Si no te alcanza el asiento,

Afirmate en la baranda”.

 

 

Si algún percal vichamos,

En seco frenamos y hacemos betún...

Porque en cuestión de mozas,

Primero las cosas del carancanfún

Je suis le traminot argentin,

qui va

qui va en actionnant dans la rue

“Tut tut tut !”

son joyeux klaxon

qui donne le signal

que le tramway arrive...

 

Attention ! Fillette, attention !

Faut d’abord qu’on s’arrête !

Devant il n’y a plus de place...

Asseyez-vous dans le wagon de derrière...

 

Et moi, je suis le machiniste

“Drelin drelin !”

qui vous emmène de Once à Lorea (2)

en toute sécurité

pour que le public voie

tutto cé qué pé fare (3)

la 'lectricité...

 

En descendant de la "maquine",

mé faites pas un fromagio...

Milady, marchez pas sur les rails...

Vous lé pouvez prendre oun’ châtaigne...

 

Le coeur,

il va à la manoeuvre dans la poitrine

comme le Frisón (4)

qui fait du halage dans le raidillon...

Et si l’amour

l’appelle depuis le pas d’une porte,

le machiniste lui aussi

qui est un Don Juan et qui est réglo,

en freinant, dira :

 

“Accroche-toi, sentiment,

ici, celui qui commande c’est moi !

Si tu n’arrives pas à t’asseoir,

tiens-toi à la rambarde”.

 

Pour peu qu’on avise de la percale, (5)

aussi sec, on freine et on prend feu...

parce que, question fillettes,

la priorité, c’est de faire le paon.

 

 

 

 

(1) Employé en uniforme d’une ligne de tramway. A la fois poiçonneur, contrôleur et chef de convoi.

(2) Once : place et gare dans le quartier de Balvanera, à environ 1,7 km de Plaza Lorea (sur Plaza del Congreso, dans le quartier de Monserrat).

(3) Dá (dar), lectricidá (eléctricidad), artefato (artefacto), contato (contacto) : termes espagnols prononcés avec l’accent italien. Les métiers peu qualifiés étaient souvent exercés par des immigrants, dont 50% étaient Italiens (les patronymes argentins, très souvent italiens, en font foi aujourd’hui).

(4) Frisón : c’est un cheval de trait immortalisé par le poète Homero Manzi dans le tango Nobleza de Arrabal (1946, musique de Francisco Canaro). Manzi était un grand ami de Cátulo Castillo et de Aníbal Troilo. Il est mort le 3 mai 1951.

(5) Percale : tissu bon marché dont s’habillaient les femmes honnêtes du peuple.

 

 

 

 

 

 

Tres esquinas - Trois carrefours

Tango - 1941

Música: Ángel d'Agostino y Afredo Attadía - Letra: Enrique Cadícamo

Traduction Denise Anne Clavilier © tous droits réservés

www.barrio-de-tango.blogspot.com

 

 

Angel Vargas con Angel D'Agostino

 

 

 

 

Yo soy del barrio de "Tres Esquinas",

viejo baluarte del arrabal,

donde florecen como glicinas

las lindas pibas de delantal.

Donde en la noche, tibia y serena,

su antiguo aroma vuelca el malvon

y bajo el cielo de luna llena

duermen las chatas del corralon.

 

Soy de ese barrio de humilde rango,

yo soy el tango sentimental,

soy de ese barrio que toma mate,

bajo las sombras que da el parral.

En sus ochavas compadree de mozo,

pele la daga por un loco amor,

y vi en los ojos de una maleva

la ardiente gleba de mi pasión.

 

 

[Nada hay más lindo ni más compadre

que mi suburbio murmurador,

con los chimentos** de las comadres

y los piropos** del Picaflor.

Vieja barriada que fue estandarte

de mis arrojos de juventud...

Yo soy del barrio que vive aparte

en este siglo de Neo-Lux.]

Je suis du quartier des Trois carrefours (1)

Un vieux pilier de mon faubourg

Là où fleurissent comme des glycines

Les jolies mômes en tablier.

Où dans la nuit, douce et sereine,

Le géranium verse son parfum d'antan

Et sous le ciel, à la pleine lune

Dorment les carrioles de la grand’cour.

 

Je suis de ce quartier d’humble condition

Je suis le tango sentimental

Je suis de ce quartier qui boit le mate (2)

À l’ombre de la treille. (3)

Près de ses pans coupés (4), jeune homme, j’ai fait le paon,

J’ai déshabillé mon couteau pour un fol amour

Et j’ai vu dans les yeux d’une frippone

Le terreau ardent de ma passion.

 

[Il n'y a rien de plus chouette ni de plus bravache

que mon faubourg qui bourdonne

des caquetages de ses commères

et des boniments de Bouche en Coeur (5).

Bon vieux quartier qui a été la médaille

des exploits de ma jeunesse...

Je suis du quartier qui vit à part

dans ce siècle de Néo-Lux.] (6)

 

 

 

 

 

(1) En Argentine, la esquina (croissement de rues à angle droit) est un point de repère, comme les métros à Paris. Chaque coin de la ville a l’identité, le cachet que lui confère son esquina.

(2) Boire le maté (boisson nationale) est un rite de convivialité. L’équivalent de prendre l’apéro.

(3) Les cours particulières (patios) sont ombragées par des vignes vierges ou rampantes qui les recouvrent.

(4) ochava (pan coupé) : atténuation d’un angle droit sur un bâtiment d’angle. Un élément essentiel de la rue à Buenos Aires. Ici, ochava désigne à peu près la même chose que esquina.

(5) Picaflor : séducteur à la petite semaine.

(6) Couplet absent des disques des années 40. Neo-Lux est une marque.

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

Le Temps des Femmes

 

TITA MERELLO

 

Qué hacés, qué hacés!

 

 

Niño bien
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LES PAROLES DU TANGO

 

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le tango sans jamais trouver le temps de le demander aux tangueros argentins, en huit fiches thématiques par Denise Anne CLAVILIER © tous droits réservés.

 

 

Cette micro-étude exclusive, publiée en huit épisodes, vise à donner aux élèves quelques repères sur les tangos que Gisela Passi et Rodrigo Rufino utilisent pendant les cours, ceux qu’on peut entendre dans les milongas et qu’on trouve sur les disques dans les bacs en France, Belgique et Suisse, qu’on parle espagnol ou non.

 

Les différentes versions à écouter ont été sélectionnées par Rodrigo Rufino.

Episode 1

 

En guise d’introduction : ce qu’il faut savoir sur l’histoire

 

Vers 1875, une vague d’immigration, presque exclusivement masculine, débarque de toute l’Europe à Buenos Aires. Suspendu en 14-18, le phénomène s’arrête au cours des années 30. Rien que de 1870 à 1895, la population de la ville aura déjà augmenté de 370 %.
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Pregonera - Vendeuse à la criée

Tango - 1945

Música: Alfredo De Angelis - Letra: José Rótulo

Traduction Denise Anne Clavilier © tous droits réservés

http://www.barrio-de-tango.blogspot.com

 


Osvaldo Pugliese (chanteurs: Alfredo Belusci - Jorge Maciel)


Edgardo Donato (chanteur: Alberto Podesta)

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Percal - Percale

Tango - 1943

Música: Domingo S. Federico - Letra: Homero Expósito

Traduction Denise Anne Clavilier © tous droits réservés

http://www.barrio-de-tango.blogspot.com

 

 

Miguel Calo (chanteur: Alberto Podesta)


Roberto Goyeneche (de luxe!)

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LES ORCHESTRES ET LEURS TUBES

 

;

 

 

Voici une petite liste de quelques "tubes" actuels de quelques orchestres de tango.

Notre souhait : que vous reteniez les noms de ces morceaux tellement connus ainsi que les orchestres qui les ont rendu célèbres !

 

 

Enrique Rodriguez


Llorar por una mujer

con Armando Moreno 


En la buena y en la mala

con Armando Moreno

 

 

Juan D'Arienzo

 

La Cumparsita 

Ataniche 

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Tu el cielo y tu - Toi, le ciel et toi

 

Música: Mario Canaro - Letra: Héctor Marcó

Traduction Denise Anne Clavilier

(Tango - 1944)

 

Carlos Di Sarli - Alberto Podesta

 

 

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Agua florida ~ Eau de senteur

Tango - 1928

Música: Ramón Collazo ~ Letra: Fernán Silva Valdés

Traduction Denise Anne Clavilier (www.barrio-de-tango.blogspot.com)

 

 

Los Angeles del tango, D'Agostino - Vargas


 

 

Agua florida, vos eras criolla.

Te usaban las pobres violetas del fango

de peinados lisos, como agua'e laguna,

cuando se bailaba alegrando el tango

con un taconeo y una media luna.

 

Perfume del tiempo taura que pasó,

pues todo en la vida ha de ser así,

cuando las percantas mentían que no

mientras las enaguas batían que sí.

 

Chinas

sencillas y querendonas,

que al son de las acordeonas

bailaban un milongón.

Chinas

que oliendo a agua florida

se metían en la vida

a punta de corazón.

 

Agua florida vos eras criolla.

De cuando una viola tocaba de prima

y otras las cuarteaban dando a las bordonas,

y un ramo de taitas era cada esquina

y la vida era linda y guapetona.

 

Vos eras del tiempo del gacho ladeao,

de la mina airosa anclada al bulín,

del lazo en el pelo, del percal floreao

y de la academia y el peringundín.

Eau de senteur, tu es bien d’ici, toi,

C’étaient les pauvres violettes du ruisseau qui t’employaient

Les violettes aux cheveux lisses comme l’eau qui dort

Quand on danse en faisant du tango une fête

D’un coup de talon et d’une demie-lune.

 

Senteur d’un temps bravache qui n’est plus,

Car c’est ainsi qu’il en va de tout dans la vie,

Quand les poulettes mentaient en disant non,

Pendant que les jupons dégoisaient que si.

 

Mignonnes

Simples et adorables

Qui au son des accordéons

S’en allaient guincher...

Mignonnes

Qui, sentant bon l’eau de senteur,

se fourraient dans la vie

A la pointe du coeur.

 

Eau de senteur, tu es bien d’ici, toi

Du temps où un violoneux jouait dans les aigus

Et d’autres le secondaient avec les graves

Et chaque coin de rue était un bouquet de durs

Et la vie était jolie et gironde.

 

Tu était du temps du galure de traviole

De la gracieuse minette attachée au meublé

Du ruban dans les cheveux, de la percale fleurie

Et de l’académie et du beuglant.

 

 

 

 

Agua florida : produit de parfumerie bon marché.

Media luna : figure de danse en tango

La academia : lieu populaire où danser et apprendre à danser.